Les fibromes utérins (appelés aussi léiomyomes), sont des tumeurs non cancéreuses qui se développent chez la femme au niveau de la couche externe de l’utérus (le myomètre). Les fibromes utérins se développent donc à partir des cellules musculaires de l’utérus, qui commencent à se multiplier de façon anormale pour former une tumeur bénigne.

L’apparition des fibromes de l’utérus se fait principalement au cours de la période d’activité génitale, entre 30 et 50 ans, vu que leur développement est œstrogèno-dépendant (en rapport avec les hormones féminines). Elles peuvent ainsi régresser après la ménopause, à cause de la diminution de l’œstrogène chez la femme.

Ces tumeurs représentent la principale indication d’hystérectomie chez la femme en pré ménopause.

Les causes de développement des fibromes utérins

Personne ne connait la cause exacte des fibromes utérins, mais leur croissance semble dépendre de l’œstrogène « l’hormone féminine ». Les fibromes utérins ne se développent donc qu’après la puberté, et souvent après 30 ans. Ces fibromes utérins ont tendance à rétrécir ou même disparaître après la ménopause, lorsque le taux d’œstrogènes chute.

Il existe également une hypothèse génétique, qui a été suggérée par de nombreuses études (mise en évidence par l’identification de l’ARN messager du cytochrome P-450 dans les myomes et dans les cellules myométriales en culture).

Femme a risque de développer un fibrome utérin

Les femmes afro-américaines (de race noire) ont tendance à avoir des fibromes utérins deux à trois fois plus souvent que les femmes de race blanche, et ont également tendance à avoir des symptômes plus marqués.

D’autres facteurs peuvent influer le développement des fibromes utérins :

  • La grossesse : il s’agit d’un facteur protecteur, en fait, les femmes qui ont eu des enfants sont moins susceptibles de développer des fibromes.
  • Le début de la menstruation : les femmes qui ont eu la première période (ménarche) avant 10 ans, sont plus susceptibles de développées des fibromes utérins.
  • Les femmes qui prennent des pilules contraceptives sont moins susceptibles de développer des fibromes utérins importants ou de grandes tailles.
  • Les antécédents familiaux : les femmes dont les mères et les sœurs ont eu des fibromes utérins au cours de leur vie, sont plus susceptibles d’en avoir eux aussi.

Les différents types de fibromes utérins

Types des fibromes utérinsTous les fibromes utérins sont similaires dans leur composition, ils sont tous faits de cellules musculaires utérines anormales qui poussent sous forme d’une masse.

Les fibromes utérins sont souvent classés selon le siège de leur développement dans l’utérus :

  • Les fibromes myométriales (intramurales), sont des fibromes développés dans la paroi musculaire de l’utérus.
  • Les fibromes sous-muqueux se développent juste en-dessous de la surface intérieure de l’utérus, et peuvent faire saillie dans l’utérus. Ce type de fibrome entraine un saignement important et des règles abondantes.
  • Les fibromes sous-séreux se développent sur la paroi externe de l’utérus.
  • Les fibromes pédiculés poussent habituellement à l’extérieur de l’utérus, attaché à celui-ci par une base plus ou moins large, mais peuvent également poussés à l’intérieur.

Les fibromes utérins peuvent varier en taille (allant d’une taille microscopique, à plusieurs centimètres de diamètre), et en nombre (allant d’un seul fibrome, à des dizaines de fibromes).

Les symptômes des fibromes utérins

Les fibromes utérins sont très fréquents. En fait, la plus grande partie des femmes vont développer des fibromes utérins à un certain moment leur vie. Chez la plupart de ces femmes, les fibromes utérins sont généralement trop petits pour causer des problèmes, ou même être remarqué. Ils sont ainsi, le plus souvent, asymptomatiques.

Le plus souvent, les fibromes utérins ne provoquent aucun symptôme, ce qui rend la plupart des femmes inconscientes de leur présence. Les symptômes des fibromes utérins peuvent inclure :

  • Des menstruations prolongées (la durée des règles est de 7 jours ou plus).
  • Un saignement abondant pendant les règles.
  • Un ballonnement ou une plénitude dans le bas ventre ou dans le bassin.
  • Des douleurs dans le bas du ventre ou dans le bassin.
  • Une constipation ou des signes urinaires qui peuvent êtres dus à la compression des organes de voisinages.
  • Des douleurs lors des rapports sexuels.

Certains experts, estiment que, certains fibromes utérins, peuvent occasionnellement interférer avec la fertilité et la grossesse.

Le diagnostic des fibromes utérins

Les fibromes utérins de grandes tailles sont souvent ressentis par le médecin lors de l’examen gynécologique. L’imagerie est souvent effectuée pour confirmer la présence de ces fibromes utérins.

L’examen clinique

Fait par le médecin, il va chercher :

Une anémie, causée par les pertes abondantes de sang et qui va retentir sur l’état de la patiente.

Un examen de l’abdomen, à la recherche des fibromes, qui peuvent êtres de très grande taille.

Un examen du l’appareil sexuelle féminine, souvent fait par un toucher vaginal, pour apprécier la taille de l’utérus, et pour rechercher la taille et l’emplacement des fibromes.

L’échographie

Une sonde à ultrasons est insérée dans le vagin (échographie endovaginale) ou mise au-dessus du bassin sur l’abdomen (échographie sus-pubienne), et grâces à des ondes sonores à haute fréquence le radiologue peut voir les différentes structures pelviennes. C’est l’examen le plus facile, et qui est le plus souvent suffisant, pour confirmer la présence de ces fibromes utérins, et il est souvent réaliser en première intention. L’utilisation des deux sondes est une pratique courante pour la plupart des gynécologues, vu qu’elle permet une analyse plus précise du nombre et de la topographie des fibromes dans l’utérus.

L’hystéroscopie

Un tube d’endoscopie est introduit dans l’utérus, et grâce à un écran vidéo on explore l’intérieur de l’utérus. L’hystéroscopie peut détecter les fibromes utérins qui se projetant dans l’utérus, mais ne permet pas de voir les fibromes qui sont présentes dans la paroi de l’utérus ou en dehors de l’utérus. L’hystéroscopie permet aussi la réalisation de biopsies ou même la résection totale de certains lésions muqueuses ou sous muqueuses.

D’autres bilans radiologiques, telle l’imagerie par résonance magnétique (IRM pelvienne), et l’hystérosalpingographie, peuvent être réalisés en cas de doute. Dans la plupart des cas, l’examen gynécologique et l’échographie pelvienne sont suffisantes pour faire le diagnostic.

Le traitement des fibromes utérins

La question qui se pose souvent chez les femmes qui présentent des fibromes utérins est la suivante : « FAUT-IL LES ENLEVER ? ».

La plupart des fibromes utérins n’ont pas besoin de traitement, car ils ne causent pas de symptômes, ni de problèmes. Les fibromes utérins qui causant des problèmes, peuvent être traités avec des thérapeutiques non chirurgicales ou parfois chirurgical.

Les options de traitement médical non chirurgical

Attente sous surveillance : quelques fibromes utérins vont diminuer naturellement au fil du temps. Mais souvent la plupart des fibromes vont soit garder la même taille ou même croître.

Les contraceptifs oraux (pilules hormonales) : contiennent des hormones (œstrogène, progestérone, ou une combinaison) qui peuvent aider à réduire la symptomatologie causés par les fibromes utérins.

Dispositif intra-utérin (DIU) au lévonorgestrel (Mirena) : est un DIU qui libère une hormone progestative qui réduit la durée des périodes prolongées.

Les analgésiques et les antalgiques : peuvent soulager la douleur causée par les fibromes utérins.

Le fer : souvent prescrit, vu que les règles abondantes causées par les fibromes utérins peuvent entraîner une anémie ferriprive. Les comprimés de fer peuvent aider le corps à remplacer le sang perdu lors des menstruations.

Options de traitement chirurgical

La myomectomie

C’est une chirurgie pour enlever les fibromes utérins tout en laissant l’utérus en place. La myomectomie est souvent faite pour les femmes qui souhaitent avoir des enfants. Cependant, de nouveaux fibromes utérins peuvent se développer, ce qui pourra nécessiter une procédure ultérieure.

L’hystérectomie

C’est une chirurgie pour enlever tout l’utérus et les fibromes utérins qu’il contient, et les empêcher de récidiver. Les femmes présentant des symptômes de fibromes utérins et qui ne désirent pas de grossesse ultérieures sont des candidates parfaites pour l’hystérectomie.

L’embolisation des artères utérines

Une procédure qui coupe le flux sanguin vers un fibrome utérin, l’amenant à se rétrécir. Il ne s’agit pas d’une intervention chirurgicale. Il s’agit d’une procédure minimalement invasive au cours de laquelle un tube mince « cathéter » est inséré dans une artère de l’aine, et à l’aide de caméras à rayons X, ce cathéter est dirigé vers les artères qui alimentent le fibrome. Une fois le médecin arrive au vaisseau cible, il injecte de très petites particules qui bouchent ce vaisseau sanguin. Cela amène les fibromes à se rétrécir au fil du temps, et apporte une amélioration symptomatique chez la femme.

La procédure chirurgicale du traitement des fibromes

Les chirurgiens effectuent la myomectomie et l’hystérectomie par différentes techniques. Ceux-ci peuvent déterminer le temps de l’hospitalisation, la rapidité de guérison et de cicatrisation.

La chirurgie par voie abdominale : Un chirurgien fait une petite incision abdominale pour accéder à l’utérus et aux fibromes.

La chirurgie par voie vaginale : Le chirurgien fait une incision dans le vagin et enlève l’utérus à travers cette incision. L’incision est fermée, ne laissant aucune cicatrice visible sur la paroi abdominale.

La chirurgie par laparoscopie : Plusieurs petites incisions (de moins de 1cm) sont faites dans le ventre, et une caméra couplée à des outils chirurgicaux est introduite à travers ces incisions. Le chirurgien opère à partir de l’extérieur du corps et enlève les fibromes ou l’utérus à travers ces petites incisions ou à travers une incision vaginale. La visualisation de l’opération se fait sur un écran vidéo.

La chirurgie par hystéroscopie : Un type moins invasif de la myomectomie utilise un hystéroscope pour entrer dans l’utérus, à travers le vagin et le col, et enlever les fibromes sous-muqueux. Les fibromes peuvent ensuite être éliminés par des outils insérés à travers l’hystéroscope.

Quelle technique chirurgicale des fibromes utérins choisir ?

La voie vaginale et la laparoscopie sont des procédures minimalement invasives qui offrent certains avantages par rapport à l’approche la plus traditionnelle de la chirurgie ouverte, comme :

  • Une récupération plus rapide des patientes.
  • Des séjours hospitaliers plus courts.
  • Des douleurs moindres.
  • Et des cicatrices moins visibles que celles de la chirurgie abdominale ouverte.

Une étude récente de l’hystérectomie, a montré un taux plus élevé d’infection postopératoire chez les patientes ayant subies une chirurgie abdominale ouverte.

Durée d’hospitalisation pour une chirurgie de fibrome

La durée moyenne du séjour à l’hôpital pour les patientes ayant subi une procédure minimalement invasive (MIP) varie de 1 à 2 jours par rapport à 3 à 7 jours pour les hystérectomies abdominales.

Avec une MIP, les femmes sont généralement en mesure de reprendre leurs activités normales dans un délai beaucoup plus court en comparaison avec les femmes ayant subies une chirurgie ouverte. Et les coûts associés à un MIP sont considérablement plus faibles que les coûts associés à la chirurgie ouverte avec moins de risque de complications post opératoires comme les éventrations.

Certains facteurs peuvent influencer la possibilité d’une MIP comme la présence de tissu cicatriciel d’interventions chirurgicales précédentes, l’obésité et l’état de santé.