Les troubles du cycle menstruel, aussi appelés trouble des règles, regroupent de nombreuses manifestations cliniques. Elles se définissent comme toute forme de perturbation du cycle: Soit la période commence trop tôt, soit elle disparaît rapidement, soit il y a trop ou trop peu de saignement menstruel ou il y des saignements en dehors des règles.

La menstruation commence chez la majorité des filles entre 12 et 15 ans. Habituellement, un saignement menstruel prend environ 4 à 5 jours, et il est généralement plus fort le deuxième jour des règles. Le cycle commence le premier jour du saignement, et dure en moyenne 28 jours (c’est-à-dire, le 29ème jour, le début du nouveau cycle commence). Dans une période menstruelle normale, il y a une perte de sang d’environ 30 millilitres en 4 à 5 jours.

Comment classifier les troubles du cycle ?

Les troubles du cycle menstruel peuvent affecter soit la régularité du cycle, soit l’abondance et / ou la durée du saignement menstruel. En conséquence, on distingue parmi les perturbations du cycle:

Les troubles du cycle en rapport du rythme

Troubles du cycle menstruelDans lesquels l’intervalle de saignement est modifié:

Absence de période (aménorrhée): La période disparait pendant plusieurs mois ou complètement. Si aucune période n’a eu lieu avant l’âge de 15 ans, les médecins parlent alors d’aménorrhée primaire.

Si des saignements mensuels ont déjà eu lieu, et si l’absence de règles (dépassant trois mois) est apparue récemment, on parle dans ce cas d’aménorrhée secondaire.

Cycle menstruel prolongé (oligoménorrhée): l’intervalle entre 2 menstruations est supérieur à 31 jours.

Cycle menstruel raccourci (polymenorrhée): La durée du cycle menstruel est inférieure à 25 jours. Le cycle peut être raccourci soit de façon régulière ou irrégulière.

Les troubles du cycle en rapport avec le saignement

Saignements menstruels très sévères (hyperménorrhée): En raison de la forte menstruation, les patientes ont besoin de plusieurs tampons par jour. Souvent, de gros caillots sanguins sont trouvés dans les couches de la femme.

La menstruation faible (hypoménorrhée): Une période trop faible. Souvent, le saignement menstruel dure seulement un ou deux jours ou même seulement quelques heures.

La menstruation excessivement longue (ménorragie): La période dure plus de six jours, et elle souvent plus forte que d’habitude.

Les hémorragies génitales (métrorragies): En plus de la période menstruelle normale, il y aura des saignements irréguliers entre les périodes, qui peuvent durer plusieurs jours (habituellement de six à dix).

Les ménométrorragie : il s’agit de ménorragies avec des saignements intercurrents.

Les causes des troubles du cycle menstruel

Pour les troubles menstruels, de nombreuses causes sont possibles:

Les maladies des organes génitaux féminins (fibromes, polypes de l’utérus…), les atteintes de la thyroïde, le diabète, les maladies du foie et les maladies rénales.

Le cycle menstruel est également affecté par les changements climatiques, par la nutrition, et par l’activité sportive. D’autres causes comme les troubles de la coagulation, certaines causes mentales comme le stress, les conflits relationnels, la vie sexuelle ou l’infertilité peuvent entrer en jeu.

Absence de période (aménorrhée)

Aménorrhée primaire

Si aucun saignement menstruel n’est survenu à l’âge de 16 ans, cela oriente souvent vers des causes héréditaires. L’absence de la période (aménorrhée dite primaire) peut aussi être le résultat de malformations dans la région des organes sexuels. Il est donc fortement recommandé d’explorer la cause de la perturbation du cycle dans ce cas.

Aménorrhée secondaire

Il s’agit d’une aménorrhée (retard de plus de trois mois) survenant secondairement après une période de cycle normal. Les causes possibles d’une aménorrhée secondaire sont nombreuses:

  • Des anomalies hormonales
  • Des causes mentales
  • Changement de l’environnement
  • Des événements familiaux stressants
  • Certains médicaments
  • Troubles de l’alimentation tels que l’anorexie mentale

Oligoménorrhée et polyménorrhée

Principalement causés par des perturbations hormonales chez la femme. Cependant, le stress physique et le stress psychologique peuvent également entraîner ces perturbations du cycle. De plus, le cycle menstruel peut être raccourci en cas de dysfonctionnement fonctionnel des ovaires (insuffisance ovarienne).

Les maladies des organes génitaux, tels que les fibromes utérins (tumeurs bénignes de l’utérus), les polypes, sont aussi des causes possibles. Cependant, même des maladies courantes telles que l’hypertension, les maladies cardiaques, rénales et sanguines peuvent être responsables de saignements menstruels prolongés.

Saignements menstruels irréguliers (métrorragie)

Dans ce cas, il faut éliminer une cause organique avant de penser à une cause hormonale ou psychique.

Troubles du cycle: symptômes et manifestations

Selon le type des troubles des règles, les symptômes peuvent être limités aux changements de la durée du cycle ou de l’hémorragie menstruelle, ou être associes a d’autres signes.

L’aménorrhée

Autre que l’absence de règles, il n’y a généralement pas de symptômes associés. La première cause qu’il faut éliminer dans ce cas est la grossesse.

L’oligoménorrhée

La menstruation a une durée et une force normales, mais des intervalles prolongés sans saignement séparent les deux cycles. Dans la plupart des cas, ce cycle ne provoque pas d’autres symptômes.

La polymenorrhée

L’intervalle entre deux cycles est raccourci avec quantité de saignement menstruel normale. La période commence donc toujours plus tôt que prévu. Il n’y a généralement pas d’autres plaintes. Les femmes touchées se sentent parfois fatiguées et altérées dans leur état général. Ces plaintes surviennent principalement lorsque le nombre de globules rouges est réduit (perte de sang ou anémie).

L’hyperménorrhée

La menstruation est trop forte en intensité et en abondance, mais pas de prolongation de la durée du cycle. Souvent, les femmes touchées se sentent très fatiguées à cause de la perte de sang, surtout quand la période forte s’accompagne d’une perte de sang.

L’hypoménorrhée

Dans le cas d’une période menstruelle trop faible, il n’y a souvent qu’une quelques pertes sanguines au lieu de la période. Typiquement, de telles perturbations du cycle ne provoquent aucun inconfort.

Les ménorragies

Le saignement menstruel est prolongé et souvent de forte intensité. Cette symptomatologie est caractérisée par une forte fatigue, surtout en cas de perte de sang importante.

Les métrorragies

Un saignement intermédiaire se produit, en plus du saignement menstruel normal. Ces métrorragies peuvent durer quelques jours, et la symptomatologie associés en fonctions de l’importance du saignement.

Les troubles du cycle menstruel peuvent également être associés à une douleur pelvienne et à d’autres symptômes (tels que maux de tête, maux de dos, nausées et vomissements). Les plaintes commencent habituellement quelques jours avant la menstruation et sont généralement les plus fortes le premier et le deuxième jour du saignement.

D’autres symptômes incluent des perturbations mentaux, des troubles nerveux et parfois une dépression. Les seins sont souvent douloureusement tendus et très sensibles à la pression.

Le diagnostic des troubles du cycle et la recherche étiologique

Afin de pouvoir établir un diagnostic en cas de troubles du cycle, il est d’abord nécessaire de recueillir des informations sur les antécédents médicaux du patient (ce que l’on appelle l’histoire de la patiente). Par conséquent, le médecin s’intéresse à:

  • Le début de la puberté et la première menstruation (ménarche)
  • La régularité du cycle menstruelle
  • D’éventuelles maladies héréditaires chez la femme
  • Les médicaments prise avant et au moment de l’installation des symptômes des troubles du cycle, ainsi que les médicaments en cours
  • Les maladies mentales, si elles existent
  • Les troubles métaboliques éventuels
  • La notion de surpoids chez la patiente ou dans la famille

En raison de la variabilité de la symptomatologie des troubles du cycle, il est important que le diagnostic décrive en détail les problèmes menstruels que la patiente présente. Fréquemment, il est même nécessaire d’enregistrer des informations pendant quelques mois sur la régularité du cycle menstruel, des douleurs de règles, des saignements interstitiels et de l’ovulation dans un calendrier gynécologique spécifique.

Dans certains cas, il est également utile d’enregistrer la température du corps du matin (température basale), pendant quelques cycles menstruels. Cette mesure va permettre d’orienter si et quand l’ovulation se produit, et permet donc de faire des conclusions sur le fonctionnement des ovaires.

Le bilan des troubles du cycle menstruel

Un examen gynécologique fournit des informations supplémentaires en cas de troubles du cycle : Le médecin examine le vagin, l’utérus et les ovaires. Le plus souvent, un examen échographique (échographie) est nécessaire en complément de l’examen clinique. Un examen complet du corps permet de fournir des renseignements supplémentaires. Le frottis vaginal est aussi intéressant comme complément de l’examen clinique.

D’autres bilans peuvent être demandés en fonction des symptômes des troubles du cycle menstruel, des tests sanguins et d’urine sont utilisés pour déterminer la concentration d’hormones telles que l’œstrogène, la progestérone, les androgènes et la prolactine. Le test de la grossesse (BHCG plasmatique ou urinaire) peut aussi être demandé.

Les autres explorations, comme le scanner TDM ou l’hystéroscopie sont demandées en deuxième intension, après l’orientation de l’examen clinique et le premier bilan.

Le traitement des troubles du cycle

Dans les troubles menstruels, la thérapie dépend principalement de ce qui est le plus important pour la femme, soit le contrôle de la symptomatologie seule, soit le traitement de l’infertilité parfois associés, surtout en cas d’aménorrhée. Le type du traitement prescrit dépend donc principalement du type du trouble du cycle:

Le traitement médical symptomatique et hormonal des troubles du cycle

Dans la plupart des cas, les perturbations du cycle sont facilement traitées par des traitements hormonaux appropriés, comme les progestatif ou la pilule œstroprogestative (contraception orale), ces traitement peuvent contrôler la symptomatologie dans la plus grande partie des cas, surtout en cas d’absence de lésions des organes. Des fois des traitements hormonales plus fortes sont utilisés, comme les agonistes de la LHRH, surtout en cas d’endométriose ou de fibrome en préparation à la chirurgie.

Si vous avez des douleurs régulières en plus des perturbations du cycle, le traitement par des médicaments analgésiques comme le PARACETAMOL ou les anti-inflammatoires est souvent préscrit. Certains médicaments augmentent la capacité de contraction de l’utérus, et ont donc un effet hémostatique.

Le traitement chirurgical des troubles des règles

Si des étiologies organiques sont la cause des troubles du cycle, comme les origines utérines (fibrome, polype, cancer), et les origines ovariennes (kyste ou tumeurs ovariennes), il est possible dans certaines circonstances de corriger cela par l’opération soit par cœlioscopie, soit par laparotomie (chirurgie pelvienne normale). Dans les troubles menstruels causés par le stress physique ou le stress mental, des méthodes de relaxation, telles que le yoga ou le sport, ou même une psychothérapie, peuvent parfois aider à résoudre le problème.

Si les troubles du cycle est grave, avec une hémorragie important et un retentissement sur l’état général, il est également possible de pratiquer l’ablation de l’endomètre avec l’hystéroscopie, la résection de la muqueuse de l’endomètre est faite soit par le laser ou par l’anse diathermique. Des fois, l’ablation de l’utérus en totalité est indiquée en urgence (Hystérectomie d’hémostase), si le saignement est important et l’état de la patiente est instable.

Stérilité et troubles du cycle menstruel

L’infertilité ‘difficulté à concevoir, et à tomber enceinte), est parfois associée aux troubles du cycle, si la patiente souhaite avoir des enfants, une thérapie de stimulation hormonale ou même une fécondation in vitro sont parfois recommandées pour vous.

Le troubles du cycle, évolution et prévention

Evolution des troubles de règles

Souvent, les perturbations du cycle peuvent se normaliser à nouveau, surtout si elles ont été causées par un stress psychologique et des facteurs environnementaux, qui sont finalement éliminés. Si un trouble du cycle persiste plus longtemps, il est généralement possible de le corriger rapidement au moyen d’un traitement hormonal approprié.

Peut-on prévenir les troubles menstruels

Vous ne pouvez pas prévenir tous les troubles du cycle: Vous ne pouvez pas prévenir un trouble du cycle héréditaire ou causé par une cause organique. Cependant, si la cause de la maladie est hormonale, pouvez influencer positivement votre cycle menstruel avec un certain nombre de mesures générales.

Pour normaliser et stabiliser votre cycle menstruel, vous pouvez:

  • Évitez le stress, par ex. grâce à des techniques de relaxation telles que le yoga ou l’entraînement physique.
  • Assurer un mode de vie sain: prendre soin d’une alimentation équilibrée, s’abstenir de la nicotine, dormir adéquatement et bouger régulièrement.
  • Évitez l’insuffisance pondérale et le surpoids.