L’infection urinaire et grossesse et une association fréquente. La grossesse provoque des changements hormonaux et physiques dans le corps de la femme, ainsi que des difficultés d’hygiène due à la distension abdominale, ce qui augmente la fréquence des infections des voies urinaires.

L’infection des voies urinaires, en particulier l’infection de la vessie, appelée cystite, est une complication relativement fréquente chez les femmes enceintes.

Sommaire

C’est quoi l’infection urinaire – définition

Nous appelons infection urinaire toute infection qui affecte les reins, la vessie et / ou l’urètre.

L’infection dans les reins est appelée pyélonéphrite, l’infection de la vessie est appelée cystite et l’infection de l’urètre est appelée urétrite.

Anatomie du système urinaire

Appareil urogénitale anatomieLe système urinaire est représenté par, l’ensemble des organes qui participent à la formation et à l’évacuation de l’urine. Il comprend :

Les reins : qui sont des organes en forme de haricot, dont la mission principale est d’éliminer les produits chimiques inutiles et les déchets, dans le sang. Ils convertissent ces déchets en un liquide très caractéristique qui s’appelle l’urine. Les reins filtrent le sang et produisent de l’urine, dont la quantité et la composition varient.

Ces reins sont reliés à la vessie par de petits canaux appelés uretères. L’urine voyage à travers ces uretères et descend jusqu’à la vessie.

La vessie est un organe creux, où l’urine est stockée avant son évacuation.

Lorsque vous êtes sur le point d’uriner, l’urine se déplace à travers l’urètre (dernier conduit urinaire), vers l’extérieur du corps.

Statistiques de l’infection urinaire chez la femme enceinte

Selon les statistiques, Les femmes ont un pourcentage élevé d’infections des voies urinaires, jusqu’à 15 à 20% des femmes ont déjà eu une infection des voies urinaires tout au long de leur vie. De plus, les infections urinaires féminines sont souvent récidivantes (récurrentes).

L’incidence des infections des voies urinaires chez les femmes enceintes est élevée, elle touche environ 7% -10% de l’ensemble des grossesses.

Parmi ces femmes, environ 20 à 30% des patients développent une pyélonéphrite aiguë, en particulier au troisième trimestre.

Une infection grave des voies urinaires est très nocive pour les femmes enceintes, et aussi pour le fœtus. Des médicaments inappropriés seront nocifs pour le bébé.

L’infection urinaire augmente le risque de naissance prématurée, et de naissance de nouveau-né de faible poids. La mortalité fœtale la plus élevée, suite à une infection urinaire, survient au cours des 15 jours qui précèdent l’accouchement.

Facteurs de risque – femmes à risques d’infection urinaire

Voici quelques facteurs qui facilitent l’acquisition d’une infection dans les voies urinaires.

  • L’auto-infection : Le fait de nettoyer de l’arrière vers l’avant lors de la toilette, après avoir uriné ou déféqué.
  • Etre diabétique : Le diabète augmente le risque infectieux en général.
  • Ayant déjà eu une infection dans les voies urinaires.
  • Conservez l’urine au lieu d’uriner quand vous en avez envie.
  • Le sexe et l’activité sexuelle : Le rapport sexuel favorise l’introduction de bactéries dans la vessie. Uriner avant et après les rapports diminue le risque de cystite.
  • L’utilisation de produits intra-vaginaux, comme les spermicides, le diaphragme, ou les préservatifs, modifie la flore bactérienne normale du tractus génito-urinaire, et augmente la probabilité des infections des voies urinaires.
  • La grossesse : les femmes enceintes sont plus sensibles aux infections des voies urinaires.
  • Une obstruction : tout obstacle qui interfère avec l’écoulement normal de l’urine (tumeur, calculs…).
  • Le traitement antibiotique pour d’autres problèmes médicaux : un traitement récent avec des antibiotiques, pour une raison quelconque, peut entrainer un changement du type, et du nombre, des bactéries normalement présentes dans le vagin et l’urètre. Et favoriser ainsi l’infection.

Tout cela peut expliquer pourquoi, certaines femmes continuent d’avoir des infections des voies urinaires, tandis que d’autres n’ont pas, ou ne les ont que sporadiquement.

Causes de l’infection des voies urinaires au cours de la grossesse

causes de l'infection urinaire et grossesseL’urètre féminin est relativement court, beaucoup plus court que celui du mâle, seulement quelques centimètres de long, ouvert et proche de l’ouverture vaginale et de l’anus. Ces endroits ont souvent des sécrétions et des excrétions non stériles.

Il est facile d’infecter l’urètre, les bactéries montent le long de l’urètre et provoquer une infection de la vessie. En général, le risque d’infection des voies urinaires chez les femmes est 10 fois plus élevé que chez les hommes, et l’incidence des infections urinaires chez les femmes enceintes, peut atteindre entre 7% et 10% des grossesses.

D’autres facteurs influences la fréquence de l’infection des urines chez la femme enceinte :

La dilatation de l’uretère au cours de la grossesse

Cette dilatation est due à :

  • L’impact de la progestérone sur la relaxation du muscle lisse urétral, et sur la diminution du péristaltisme urétéral.
  • l’élargissement tardif de l’utérus, va augmenter la pression sur la vessie et l’uretère. La conséquence est une stase des urines, aboutissant à la dilatation des voies excrétrices et la multiplication des germes.

Elévation du sucre au niveau des urines Pendant la grossesse

La modification de la composition urinaire, surtout par augmentation d’éléments qui peuvent favoriser la multiplication des bactéries, entraine la constitution d’un milieu favorable au développement des germes. Augmentant ainsi le risque des infections urinaires.

Augmentation des sécrétions vaginales

Les sécrétions vaginales pendant la grossesse augmentent. La modification hormonale réduit le pH de ces sécrétions, est favorise ainsi la croissance locales des bactéries.

Mécanisme de l’infection urinaire

L’infection urinaire se produit lorsque les bactéries de la peau, du vagin, ou du rectum, pénètrent dans l’urètre, et montent vers le haut en direction de la vessie et des reins.

Souvent, les bactéries s’arrêtent dans la vessie, et se multiplient, ce qui provoque l’inflammation, et les symptômes typiques de la cystite (besoin fréquent de miction, et sensation de brûlure intense au moment des urines).

Mais les bactéries peuvent également se déplacer à partir de votre vessie, par les uretères, à l’un ou aux deux reins, provoquant ce qu’on appelle la pyélonéphrite, qui représente une complication médicale urinaire grave et fréquente.

Si non traiter, cette infection peut même se propager dans votre circulation sanguine, et mettre votre vie en danger.

Les types d’infections urinaires au cours de la grossesse

Nous pouvons distinguer différents types d’infections urinaires :

  • La bactériurie asymptomatique: c’est lorsque, lors de l’analyse des urines, des bactéries sont détectées, alors que la femme est asymptomatique.
  • La cystite est définit comme l’infection de la vessie, lorsque l’urètre est touché, on l’appelle urétrite.
  • On parle de pyélonéphrite lorsque l’infection se déplace vers les reins.

Les infections des voies urinaires peuvent également être classées en :

  • Infections simples des voies urinaires : comme le cas des cystites non compliquées de la jeunes femmes non enceinte.
  • L’Infections compliquées des voies urinaires : Les infections des voies urinaires chez les femmes enceintes, doivent être considérées comme compliquées.
  • Infections récurrentes des voies urinaires : c’est lorsque l’infection urinaire se répète plus d’une fois.
  • L’Infection urinaire chronique: persistance du même microorganisme pendant plusieurs semaines, c’est un cas rare et grave.

Infection des urines et grossesse, la bactériurie asymptomatique

Notre tractus urinaire est normalement stérile, c’est-à-dire qu’il ne contient pas de germes. Cependant, certaines personnes peuvent avoir des bactéries détectables sur le test d’urine, c’est ce qu’on appelle bactériurie, sans nécessairement indiquer une infection des voies urinaires.

La bactériurie asymptomatique (BA), se définit comme : « la présence de bactéries dans l’urine, généralement supérieure à 100 000 CFU / ml d’urine, en l’absence de symptômes au moment de la prise de l’échantillon pour la culture ».

La présence de bactéries dans l’urine sans apparition de symptômes d’infection urinaire est appelée bactériurie asymptomatique. Chez la plupart des gens, la bactériurie asymptomatique n’a pas une énorme pertinence clinique, et n’a pas besoin d’être traitée. Cependant, la grossesse est l’une des rares exceptions à cette règle.

Cystite et grossesse

La cystite, c’est une infection de la vessie qui survient chez environ 1 à 2% des femmes enceintes. Comme le risque que les bactéries atteignent les reins est plus élevé chez les femmes enceintes, la cystite chez les femmes enceintes est considérée comme une maladie plus grave que la cystite chez les femmes non enceintes.

La cystite pendant la grossesse est causée par les mêmes bactéries de la cystite, avec une fréquence élevée de l’infection par la bactérie Escherichia coli (E. coli).

Le mécanisme de contamination des voies urinaires par les bactéries est similaire à ce qui se passe chez les femmes non enceintes. La fréquence augmente parce que, l’élargissement de l’utérus rend la vidange de la vessie difficile, ce qui favorise l’accumulation d’urine plus que d’habitude, ce qui augmente le risque de multiplication des bactéries.

Pyélonéphrite aigue et grossesse

La pyélonéphrite est la complication la plus fréquente des infections des voies urinaires, chez les femmes enceintes, qui survient dans environ 2% de toutes les grossesses.

Comme la cystite, la pyélonéphrite est généralement causée par la bactérie E. coli.

Comme déjà expliqué, les changements hormonaux et physiques de la grossesse favorisent l’augmentation et l’ascension des bactéries de la vessie vers les reins, provoquant leur infection.

La clinique comprend, les symptômes de la cystite, ainsi que l’altération de l’état général, la fièvre, la transpiration, les frissons et les douleurs dorsales, lombaires, intenses et constantes.

À l’examen physique, le médecin trouve, souvent, une douleur lombaire provoquée par la palpation.

La pyélonéphrite est une infection beaucoup plus grave que la cystite et peut provoquer une septicémie sévère avec une hypoperfusion et une insuffisance respiratoire.

Diagnostic – Comment puis-je savoir si j’ai une infection urinaire sur grossesse ?

Pour vérifier la présence de bactéries dans les voies urinaires, votre médecin vérifiera un échantillon de votre urine, dans votre première visite médicale prénatale,

Votre praticien vous demandera de faire une analyse d’urine en laboratoire.

Si cette culture d’urine initiale est négative, c’est un bon signe. Mais si elle est positive, votre médecin peut avoir besoin de faire d’autres types d’études complémentaires.

Analyse d’urine au cours de l’infection sur grossesse – Les bandelettes

bandelette urinaireUne bandelette urinaire, ou un test de bandelette réactive, est un outil de diagnostic, utilisé pour déterminer les changements pathologiques dans l’urine d’une patiente.

Une bandelette d’analyse d’urine standard peut comprendre plusieurs réactifs chimiques différents, qui réagissent en changent de couleur, lorsqu’ils sont immergés dans un échantillon d’urine, puis retirés de celui-ci.

Le test peut souvent être lu après 60 à 120 secondes du trempage, bien que certains tests nécessitent plus de temps.

L’analyse systématique de l’urine au cours de la grossesse, à l’aide de bandelettes est la première étape du diagnostic d’un large éventail de maladies, y compris les infections urinaires.

L’analyse comprend souvent la recherche de protéines, de glucose, de cétones, d’hémoglobine, de nitrite et de leucocytes, ainsi que le test du pH. Le test des nitrites est une méthode de dépistage rapide, qui permet de fournir des informations intéressantes, sur la présence ou l’absence d’infections d’urines

Intérêt de la bandelette urinaire et grossesse pour l’infection

Au cours des infections urinaires, principalement lors de la bactériurie et la pyurie (présence de pus dans les urines. On a souvent un test de nitrites positif, at un test de leucocytes positif.

En fait, certaines des espèces de bactéries Gram négatif, qui causent le plus souvent des infections des voies urinaires, comme l’Escherichia coli et les Entérobactéries, ont des enzymes qui réduisent le nitrate présent dans l’urine en nitrite.

Le test de nitrite n’est pas toujours fiable, et des résultats négatifs en présence de symptômes cliniques ne sont pas rares, ce qui signifie que le test ne doit pas être considéré comme concluant. Et la réalisation de l’ECBU est nécessaire dans ce cas.

Le test de leucocytes, quand il est positif, peut indiquer la présence de bactéries, mais purement de façon indicative, et ne devrait pas être utilisé uniquement pour le diagnostic, car il ne remplace pas les examens de culture microscopique ou urinaire.

La culture d’urine ou examen cytobactériologique des urines ECBU

La culture d’urine ECBU, est l’un des meilleurs tests pour confirmer l’infection urinaire au cours de la grossesse. Elle se base premièrement sur la recherche de germes, par examen directe sur un microscope, puis sur la détermination des taux de leucocyte et de bactéries. Puis sur l’analyse de l’antibiogramme.

Le taux de leucocyturie retenu comme pathologique, pour l’infection urinaire au cours de la grossesse, est fixé à ≥ 104 /ml ou 10/mm3.

Le seuil de bactériurie tient compte de la forme clinique et de l’espèce bactérienne :

  • Un taux ≥ 103 UFC/ml pour les cystites à E. Coli et autres entérobactéries.
  • Un taux ≥ 105 UFC/ml pour les cystites à autres bactéries.
  • Un taux ≥ 104 UFC/ml pour les PNA.

L’antibiogramme est obtenu après la culture des urines, avec utilisation de différents antibiotiques. Il permet de renseigner, si le germe en cause de l’infection, est sensible ou résistant à tel ou tel antibiotique.

Echographie rénale et infection urinaire sur grossesse

C’est le test d’imagerie le plus utilisé. Il est essentiel pour exclure une dilatation des reins ou des cavités pyélocalicielles, témoignant d’un obstacle à l’écoulement des urines.

Il faut toujours éliminer un obstacle sur les voies excrétrices urinaires par une échographie, car il peut s’agir d’une urgence urologique, nécessitant une dérivation des urines par nephrostomie percutanée, ou par montée de sonde double J.

Une dilatation minime de l’uretère droit est fréquente au cours de la grossesse, et elle est souvent considérée comme physiologique.

Escherichia coli et grossesse

Qu’est-ce qui provoque l’infection urinaire ? Quel est le germe le plus fréquent ?

En fait, plus de 90% des infections des voies urinaires sont causées par un seul micro-organisme, Escherichia coli, et dans seulement 10% des cas, l’infection est due à un autre germe.

Ces germes passent généralement par l’urètre, et se dirigent vers l’infection des voies supérieures. Les conséquences sur la grossesse, sont dominées par la rupture des membranes, l’infection du fœtus, et le travail prématuré.

Infection urinaire et grossesse – symptômes

La symptomatologie de l’infection urinaire au cours de la grossesse et parfois typique et facile à diagnostiquer par les médecins. Mais dans certains cas de cystites, surtout débutantes, les femmes affectés peuvent être complètement asymptomatiques (ne présentant aucun symptôme).

C’est pour cette raison, et surtout pour les patientes à risque, comme les patientes diabétiques, un examen cytobactériologique des urines (ECBU), est souvent réalisé, à plusieurs moments de la grossesse.

Urine malodorante – brouillée – ou trouble au cours de la grossesse

Parfois, l’aspect des urines (brouillés ou troubles), et leur odeur (nauséabonde ou mal odorante), sont les seuls symptômes qui évoquent l’infection urinaire.

La femme doit prendre tout changement des urines au sérieux, et doit ainsi consulter un gynécologue, pour faire le bilan nécessaire, pour éliminer une infection des voies urinaire ou une cystite.

Symptômes de la cystite au cours de la grossesse

Les signes de la cystite chez les femmes enceintes sont classiques, et bien définis. On peut avoir :

  • Une douleur pelvienne basse (au niveau du bas ventre).
  • Une douleur ou une brûlure pour uriner (dysurie).
  • Un besoin d’uriner fréquemment. Ce signe est moins spécifique, parce que, quand l’utérus devient de grande taille, la pression de l’utérus sur la vessie peut entrainer des besoins fréquents d’aller aux toilettes.
  • Une difficulté à retenir l’urine.
  • L’envie d’uriner même si la vessie est vide.
  • La présence de sang dans les urines.

Les signes qui distinguent la cystite de la pyélonéphrite (infection des reins), c’est l’absence de fièvre et de douleurs lombaires (partie postérieur du dos). Le diagnostic de la cystite est fait à travers la culture des urines.

Signes de la pyélonéphrite et grossesse

Les symptômes de la pyélonéphrite sont :

  • La fièvre avec frissons.
  • Les douleurs dans les flancs.
  • Des nausées et des vomissements.
  • Des brûlures au cours de la miction peuvent également être présentes.

Comme dans la cystite, le diagnostic de pyélonéphrite est également fait avec la culture des urines. Avec réalisation d’une échographie rénale, pour chercher une obstruction urétérale, qui représente une urgence urologique.

Risques et conséquences des infections des voies urinaires, pour la femme enceinte et le fœtus

Les conséquences de la bactériurie asymptomatique :

Une bactériurie, même asymptomatique, peut être associée à un risque élevé de complications obstétricales, les conséquences les plus fréquentes de la bactériurie asymptomatique sont :

  • La menace d’avortement.
  • L’accouchement prématuré qui peut être associé à un faible poids à la naissance.
  • Le retard dans la croissance du bébé à l’intérieur de l’utérus, appelé retard de croissance intra-utérine).
  • La rupture de la membrane.
  • La mort fœtale à l’intérieur de l’utérus.

En l’absence de traitement, les chances de développer une infection rénale sont de 40%. Cependant, avec un traitement approprié, votre risque est considérablement réduit à moins de 4%.

Infection urinaire en début de grossesse

Une infection urinaire est-elle dangereuse pendant le début de la grossesse ?

La réponse est oui, elle est aussi dangereuse en début de grossesse, que lors du 7éme mois, toute infection peut être dangereuse pour vous et votre bébé. C’est parce que les infections, pendant les premiers mois de la grossesse, augmentent le risque d’avortement.

Heureusement, la réalisation d’un test urinaire, à la recherche d’une infection urinaire, est devenue systématique au cours du premier trimestre.

Les risques de l’infection urinaire basse, la cystite

Les infections des voies urinaires basses sont fréquentes, les femmes enceintes peuvent avoir comme symptomatologie des mictions fréquentes, de la dysurie, et parfois de l’hématurie (sang dans les urines), ainsi que d’autres symptômes.

Si l’infection des voies urinaires inférieures n’est pas traiter à temps, les bactéries peuvent envahir l’uretère et le parenchyme rénal, entraînant une infection des voies urinaires supérieures.

La complication obstétricale la plus fréquente, est la menace d’accouchement prématuré (accouchement avant 9 mois).

Dans ce cas, en plus du traitement antibiotique, une tocolyse maternelle est souvent nécessaire (médicaments qui permettent d’arrêter les contractions utérines), ainsi qu’une corticothérapie prénatale, car, les corticoïdes, administrer à la femme avant le terme de la grossesse, permettent de favoriser la maturation du poumon du bébé.

L’infection des voies urinaires supérieures ont la pyélonéphrite

Aussi appelée la pyélonéphrite aiguë. Les femmes enceintes, qui souffrent de pyélonéphrite, peuvent avoir des symptômes d’intoxication systémique, tels que des frissons, de la fièvre, et des douleurs lombaires.

Le traitement de cette maladie sera beaucoup plus fort, avec des antibiotiques intraveineux.

La pyélonéphrite aiguë peut provoquer un arrêt de la grossesse, ou même l’infection du fœtus. Entrainant ainsi des bébés prématurés, et même une mort fœtale.

Même si l’accouchement réussit, la pyélonéphrite continuera d’affecter l’état de la mère et du bébé, et pourrait même conduire à une détérioration ultérieure de la fonction rénale de la mère.

D’autres complications de la pyélonéphrite sont :

  • La récidive infectieuse après traitement.
  • L’abcès rénal et l’insuffisance rénale transitoire.
  • La bactériémie et le choc septique

Les risques du bébé au cours de l’infection urinaire

Plusieurs conséquences sur le bébé, peuvent apparaitre à cause de l’infection urinaire :

  • La prématurité spontanée : c’est de loin, la complication la plus fréquente des infections urinaires au cours de la grossesse, surtout quand cette infection est associée à une fièvre.
  • L’hypotrophie fœtale, surtout en cas d’infection chronique asymptomatique. Le bébé ne grandit pas normalement dans le ventre de sa mère.
  • L’infection néonatale: c’est l’infection du bébé à l’intérieur de l’utérus, il s’agit d’une complication grave, qui peut entrainer la mort du bébé, si la prise en charge n’est pas rapide.
  • La mortalité périnatale : est augmenté, par infection ou par prématurité.

Traitement de l’infection urinaire au cours de la grossesse

Chaque femme enceinte, devrait faire une culture d’urine lors de la première visite médicale chez un obstétricien, ou entre 12 et 16 semaines de gestation. Il est également fréquent que l’obstétricien réclame une culture d’urine au troisième trimestre.

Traiter ou pas la bactériurie chez la femme enceinte ?

Les femmes enceintes ont un risque plus élevé de développer une infection des voies urinaires lorsqu’elles ont une bactériurie. Les changements hormonaux, et ceux qui portent sur les muscles des organes urinaires, favorisent le reflux de l’urine et la dilatation des uretères. Ceci entraine une augmentation du risque, que les bactéries de la vessie atteignent les reins, provoquant ainsi une pyélonéphrite.

En plus du risque accru de pyélonéphrite, une bactériurie asymptomatique pendant la grossesse a été associée à un risque accru de naissance prématurée, de petit poids fœtal et de mortalité périnatale.

Par conséquent, contrairement à ce qui est recommandé chez les femmes non enceintes, chez les femmes enceintes, la recherche est obligatoirement indiquée pour les bactéries dans l’urine, même si elles ne présentent pas de troubles urinaires.

Si une bactériurie est mise en évidence, même s’il n’y a pas de cystite ou de pyélonéphrite, le traitement par des antibiotiques est indiqué pour stériliser les voies urinaires et prévenir les complications pendant la grossesse.

Si cette condition n’est pas traitée à temps, près de 40% des femmes enceintes présentant une bactériurie asymptomatique, développeront une pyélonéphrite.

Toutes les femmes enceintes ayant une culture d’urine positive, doivent être traitées avec des antibiotiques, présentant des symptômes ou non. Chez les femmes enceintes, la bactériurie asymptomatique est considérée comme une cystite.

Les antibiotiques peuvent-ils nuire au bébé ?

Traitement infection urinaire et grossesseParfois, des médicaments doivent être administrés pendant la grossesse, pour traiter l’infection urinaire. La cystite non traitée peut nuire à vous et à votre bébé, plus que l’utilisation de certains antibiotiques.

Aujourd’hui, les médicaments sont testés intensivement pour leurs effets sur l’enfant à naître, ce qui explique pourquoi, pour la plupart des maladies, des médicaments sont disponibles, que la femme enceinte peut prendre en toute sécurité.

Parmi les antibiotiques, il y a la pénicilline, les céphalosporines et l’érythromycine. Ils sont considérés comme inoffensifs pendant toute la durée de la grossesse.

Infection urinaire et grossesse – quel antibiotiques

Les antibiotiques de la classe des quinolones, tels que la ciprofloxacine, l’Ofloxacine ou la Norfloxacine, sont largement utilisés pour traiter les infections des voies urinaires, chez les femmes non enceintes. Ces antibiotiques sont contre-indiqués pendant la grossesse.

Le Bactrim, qui contient du Sulfaméthoxazole, n’est pas indiqué en première intention.

Actuellement, les options sécuritaires, pour traiter la bactériurie asymptomatique ou la cystite chez les femmes enceintes, sont :

  • Amoxicilline + Acide clavulanique, aussi appelé Amoxicilline protéger.
  • Les Céphalosporines, comme l’Oroken
  • l’érythromycine
  • La Pivmecillinam
  • La Nitrofurantoïne
  • L’association Sulfaméthoxazole Triméthoprime (Bactrim à adulte® 2cp 2x/j à partir du 2eme trimestre de la grossesse

Traitement de la bactériurie asymptomatique et de la cystite au cours de la grossesse

Le traitement est souvent commencé par voie orale. Après la réalisation des bilans bactériologiques, principalement l’ECBU, pour ne pas les fausser.

Le traitement est habituellement de 05 à 10 jours.

Une semaine à 10 jours après la fin du traitement, la culture d’urine ECBU doit être répétée pour confirmer l’élimination des bactéries. Si la culture d’urine est positive, le traitement doit être répété, cette fois pendant plus longtemps, et l’antibiothérapie doit être adaptée.

Après l’élimination prouvée des bactéries, la culture d’urine devrait être répétée tous les mois jusqu’à la fin de la grossesse.

Traitement de l’infection urinaire répétée et grossesse

Les patients ayant plus de deux épisodes de bactériurie pendant la grossesse, peuvent bénéficier d’un traitement antibiotique prophylactique, jusqu’à la fin de la grossesse.

Chez les femmes ayant des antécédents de cystite récurrente et récidivante avant la grossesse, des antibiotiques prophylactiques peuvent également être utilisés.

Traitement de cystite après rapport sexuel et grossesse

Chez les femmes présentant une incidence accrue d’infections urinaires après un rapport sexuel, une dose d’antibiotique peut être indiquée comme mesure prophylactique après tout rapport sexuel.

Traitement de la pyélonéphrite et grossesse

Sur la base du risque accru de complications pendant la grossesse, la pyélonéphrite est traditionnellement prise en charge avec, une hospitalisation, et des antibiotiques intraveineux jusqu’à ce que le patient soit asymptomatique et sans fièvre, pendant au moins 48 heures.

Après cette période, le patient peut sortir de l’hôpital, si l’ECBU montre une réponse à l’antibiotique, avec prescription d’antibiotiques oraux pendant 14 à 21 jours de traitement.

Le contrôle par ECBU est systématique 48h après le début du traitement, le 2ème contrôle dans les 8 à 10 jours après l’arrêt du traitement, puis tous les mois jusqu’à l’accouchement.

Prévention de l’infection des voies urinaires pendant la grossesse

Plusieurs mesures générales peuvent réduire le risque de l’infection urinaire au cours de la grossesse :

  • Maintenir une bonne condition physique, pour cela, vous devez éviter la fatigue intense, le manque de sommeil, la malnutrition, la dépression mentale et d’autres facteurs défavorables au bien-être général.
  • Un bon régime alimentaire : boire beaucoup d’eau, environ 6-8 verres d’eau chaque jour, choisir des aliments nutritifs et faciles à digérer, mangez plus de légumes.
  • Éliminez les aliments raffinés, les jus de fruits sucrés, la caféine, l’alcool et le sucre.
  • Prenez de la vitamine C et du zinc, pour vous aider à combattre l’infection.
  • Prenez l’habitude d’uriner dès que vous en ressentez le besoin et vider complètement votre vessie lorsque vous urinez.
  • Corriger les erreurs d’hygiène intime, comme le fait de faire la toilette d’avant en arrière, pour éviter la transmission de germes de l’anus vers l’urètre et le vagin.
  • Après avoir uriné, séchez (ne frottez pas), et gardez votre région génitale propre. Assurez-vous d’essuyer de l’avant vers l’arrière.
  • Les sous-vêtements que la femme utilise doivent être des produits en coton. Et éviter les sous vêtement très collants.
  • Changez de sous-vêtements et de collants tous les jours. Évitez de porter des pantalons moulants.
  • Évitez les rapports sexuels pendant le traitement pour une infection urinaire. Et uriner avant et après les rapports sexuels.
  • Évitez d’utiliser des savons forts, des douches intra-vaginales, des crèmes antiseptiques, des sprays d’hygiène féminine et des poudres.
  • Ne pas rester dans la baignoire plus de 30 minutes, ou plus de deux fois par jour.

Pour conclure

Si possible, aller à l’hôpital tous les mois pour faire un test d’urine. Si le diagnostic d’une infection des voies urinaires est posé, assurez-vous de prendre un traitement complet précoce, même en l’absence de mictions fréquentes, de dysurie, ou d’autre symptômes.

Consulter votre médecin, pour prendre le traitement adéquat, parce qu’il est le seul, capable de choisir pour vous, les médicaments sans danger pour vous et pour le fœtus.

Ressources

  • Urinary tract infections in pregnancy: old and new unresolved diagnostic and therapeutic problems: Link
  • A best practice position statement on pregnancy in chronic kidney disease: the Italian Study Group on Kidney and Pregnancy: Link
  • Urinary tract infections: epidemiology, mechanisms of infection and treatment options: Link